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Beware The Unexpected Guest || PV Engel

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Camille J. Blossom
The Jabberwocky
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MessageSujet: Beware The Unexpected Guest || PV Engel Mar 11 Juil - 11:29

ft. Camille J.
Blossom

ft. Engel W. Amos

「 Beware The Unexpected Guest」
C’était chaotique, grisâtre et affolant. C’était un vieillard croulant sous le lierre et les vices, la rage et les cicatrices. La bave aux lèvres, les jambes tremblantes, mais le regard toujours prit d’une étincelle de violence ; l’Underground était mourant, une maladie qui ne le rendait que plus sauvage et effrayant.

Ses souliers claquaient sur la peau ridée, sur les os fêlés. Son ombre glissait sur les creux et les plis. Ses yeux fixaient les crocs cassés et l’eau empoisonnée. Si l’Underground était un vieillard à la furie grondante, il en était le cancer et ses ongles incarnés. Et Camille se fichait bien des humains affamés, des enfants raclant la terre dans des gémissements de douleurs, des gigolos près à tout pour une pièce. Les poux de l’Underground étaient des poussières dont il n’en avait cure. Il préférait la présence de la fumée creusant les poumons, et du loup rongeant les os.

La silhouette longiligne caressait la nuit avec tendresse et frisson mêlés. Un pas rythmique brisait le silence et le vent, accompagnant les cris des tragédies alentours. Il glissait entre les rues trouées, les murs creusés, les regards méfiants. Il flirtait avec la curiosité et l’excitation de l’instant. Le Jabberwocky s’arrêta. Droit, grand, fin. Et si infâme vermine face à l’immeuble dévoré par la végétation. Ce n’était guère la première fois qu’il venait ici, il y avait laissé sa frustration, le cœur d’un fou, et les mensonges.

Camille resta quelques instants sous les baisers secrets de la lune. Puis, il s’avança. Car les tanières canines avaient un don incroyable pour attirer les dragons vils. Il glissa à travers la porte aux vitres brisées, caressa le lierre à son entrée de sa main blessée. Il laissait son odeur, le vilain garçon. Il laissait sa trace, avec la plus terrible des intentions, et la plus fausse des hésitations. Le Jabberwocky savait jouer ce jeu ; celui de paraître faible.

Il savait le maître des lieux absents, ailleurs, certainement sur une tombe particulière. Cette pensée le fit siffler, d’agacement. Ses doigts firent grincer la porte du taudis. Il observa le lit défait, les affaires du propriétaire, et le chat sur le fauteuil troué. Ce dernier le fixait, de ses grands yeux dorés, le poil à demi-hérissé. D’un doigt sur ses lèvres tâchées de ses tatouages, l’humain lui fit signe de se taire.

Le sang de ses yeux se posa sur le lit défait et froid, sur le coussin grisâtre et poussiéreux. Il s’approcha. Ses doigts fins glissèrent sur les draps, comme s’ils pouvaient se remémorer certaines formes. Elles glissèrent du pied du lit jusqu’à son apogée. Il était intrus se passant pour conquérant. Sa main se posa sur l’oreiller, et son regard se couvrit d’une effrayante fascination. Son visage se rapprocha, il le posa tout contre le tissu, et il inspira. L’écailleux s’imprégnait de ces effluves chaudes, de cette sueur froide et de cette notion salée propre à l’humanité. Il sentait l’odeur du poil sale de l’animal, du sang un tantinet versé par la rage d’un cœur brisé.

Son faciès se releva, il ferma les yeux. Il murmura : « Bon garçon. » Pour lui-même, pour cette reine rouge, pour ce loup. Son sourire satisfait disparut, et ses iris se rouvrirent, dures. Il lécha sa lèvre supérieure du bout de sa langue. Camille était un poursuiveur, un attaché chronique, et un cancer qui avait trouvé ce qu’il voulait à tout prix contaminer.

Camille se releva, s’approcha du fauteuil – faisant fuir le chat – et s’installa dessus. Il savait où il était, il savait sa présence peu enviable et ce geste aurait pu paraître bien suicidaire. Seulement, Camille était une chose à part. Quelques minutes plus tard, il entendit un bref bruit. Ses mains remirent en place sa veste sur ses épaules, il resserra la cravate autour du col de sa chemise, puis fit craquer son cou de chaque côté. Enfin, il passa une paume précieuse dans ses cheveux gominés.

A peine son petit jeu terminé, qu’il desserra la cravate et déboutonna la chemise. Il quitta sa veste et la posa à terre. Le Jabberwocky observa sa main blessée d’un œil vide. Et il serra le poing, fort, très fort, au point de trembler, au point que le sang se mit à perler. Il n’en avait que faire : il irait de nouveau voir le docteur plus tard.

Le sang perla sur le plancher, à peine quelques gouttes, le bandage se tâcha de rouge. Ses coudes se posèrent sur ses cuisses, et ses épaules se firent tombantes. Il ne releva pas le regard, il ne voyait que les pattes griffues du loup. Il attendit. En silence. Lorsque l’on s’invite chez autrui, il est tellement plus poli de laisser son hôte parler en premier.

Son cœur battait fort, d’une excitation malsaine.

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Engel W. Amos
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MessageSujet: Re: Beware The Unexpected Guest || PV Engel Mer 12 Juil - 17:24

Encore lui ?
Un soupire glissa entre ses lèvres, fantôme d’une protestation inutile, pour disparaître dans le silence environnant. Ses poings se serrèrent, reflets d’une impatience qu’il ne voulait plus réfréner. Il inspira une fois, deux fois. Combien de fois déjà le Loup avait-il dû montrer les crocs pour éloigner les malvenus ? En temps normal les intrus ne revenaient pas, ils allaient ailleurs chercher l’asile ou la compagnie. Mais lui, lui… il insistait, il s’accrochait telle la tique à son chien, il ne voulait pas comprendre que sa présence était indésirable. Pourquoi ? Pourquoi persistait-il ainsi à le suivre, à revenir vers lui ?

Engel se souvenait comme si c’était la veille de la première visite de son hôte après sa fuite. Elle n’avait pas été immédiate, peut-être lui avait-il fallu du temps pour trouver où il habitait, à moins que son visiteur ait simplement attendu que sa peine s’apaise. Mais il avait suffi d’un nom susurré dans un vers pour déclencher la fureur d’un homme qui pensait avoir tout perdu. Il n’avait même pas cherché à connaître le véritable motif de sa visite et avait tout simplement claqué la porte au nez du membre de ce groupe damné. Wolgang était resté longtemps adossé à la porte qui l’isolait du reste de l’Underground, de sa vermine grouillante, de son souffle agonisant. Il avait attendu longtemps, très longtemps, avant de permettre à son corps d’expulser ce cri qui torturait ses poumons. Et à ce jour encore, il lui arrivait de crier pour évacuer la tension qui s’accumulait, les émotions qui le détruisaient. Les combats ne suffisaient pas, il ne trouvait pas d’échappatoire, il se sentait enchaîné par des sentiments qui ne le laissaient que rarement en paix.

D’un mouvement souple de l’épaule, il fit glisser le sac qu’il portait à l’épaule par terre. Aussitôt,  le chat qui avait élu domicile chez lui vint renifler per une petite ouverture, attiré par la nourriture qui diffusait une odeur alléchante. Sans rien dire, Engel dévisagea l’intrus des pieds à la tête et ce qu’il vit lui fit froncer les sourcils. La lueur d’une lune presque pleine peinait à traverser la poussière qui encrassait l’unique fenêtre de la pièce mais cela suffisait à faire ressortir les taches plus sombres témoins d’un corps meurtri. Son regard ambré s’arrêta sur sa main, son sang, sa vie qui souillait son bandage, ses cuisses, le sol… Il ferma les yeux quelques secondes, le temps de prendre une décision. Puis, toujours sans un mot, il les rouvrit et se dirigea vers une autre pièce, celle qui lui servait de salle d’eau, pour attraper quelque chose dans un placard. Il revint finalement dans la pièce principale avec du tissu propre et s’accroupit près du blessé. Si sa présence le mettait mal à l’aise, cet homme ne faisait pas peur au Loup. Il se savait plus fort que lui.

Sans ménagement, il attrapa sa main pour défaire le bandage et lui en remettre un immaculé. Il n’avait rien de mieux à lui offrir, de toute façon. Ce faisant, sa voix vibra dans la pièce, grave, contenant une colère qui n’était pas seulement dirigée contre son visiteur.

« Je pensais pourtant t’avoir dit de ne plus revenir ici… »

Il ne comprenait pas ce qui poussait cet homme à revenir vers lui, constamment. Engel aurait donné cher pour savoir ce qui se passait dans sa tête mais, d’un autre côté, il voulait rester loin de lui. Il savait de quoi cet homme de main était capable et cela ne lui disait rien de bon. La méfiance était de mise… Sans plus attendre, il se releva pour aller ramasser son sac et le déposer avec son masque sur la table. Il tournait volontairement le dos à l’être saurien qui hantait son existence. Ses doigts dessinaient sans y penser les contours de sa fausse identité. Ils ne pouvaient pas continuer ainsi…

« Pourquoi t’acharnes-tu ainsi ? Je n’ai rien pour toi… »
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Camille J. Blossom
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MessageSujet: Re: Beware The Unexpected Guest || PV Engel Sam 15 Juil - 13:20

ft. Camille J.
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「 Beware The Unexpected Guest」
Le temps était suspendu à ses lèvres, à ses agissements, à son jugement. Non le sien, mais celui du loup. Il y avait quelque chose d’atypique dans cette situation, quelque chose d’excitant. Le Jabberwocky se prélassait dans un rôle joué avec perfection et certitude, il attendait la réponse funeste et brève du loup à qui il offrait sa nuque sur un plateau, avec pour seule preuve une hypothèse. Mais c’était cela, que le Jabberwocky adulait ; la possibilité d’avoir tort, la possibilité d’avoir raison.

Les pieds se murent pour disparaître de son champ de vision. Camille étira un discret sourire ; il avait raison. Observer, calculer, s’adapter, tout cela pour ne pas être rejeté de cette tanière dans laquelle il serpentait. Le jeu n’était pourtant terminé, il le savait.

La paume abîmée du loup attrapa la sienne sans tact. La douleur ne fut qu’une monotonie sans fin, explosée par ce simple contact. Il frissonnait de désir. L’épouvantail sentait la chaleur de ces doigts sur sa peau, la brutalité de sa fureur sur ses veines, la pensée complexe sur son fin duvet. Il voulait cette main agrippant son cou pour l’étrangler. Comme ce jour là, dans l’arène, dans le sang et la sueur, pour le spectacle mortuaire de sa Reine Rouge. Penser à elle enserrait son cœur de souffrance et de rage.

Le bandage fut déposé avec soin et réprimande, le Jabberwocky se concentra sur l’orchestre symphonique de cette voix. Il lui avait dit de ne pas revenir. Mais c’était comme demandé à un cafard de quitter sa maisonnée. Camille était têtu, tique infernale, cancer aux mandibules avides.

Engel s’éloigna, Camille garda le silence. C’était mieux ainsi. Son hôte avait parlé, et il lui laissa encore la liberté de questionner. Le Blackgun fixa sa main soignée. S’il savait que c’était elle qui avait énuclée son protégé... Il la reposa sur sa cuisse. Et il osa un regard sur ce dos fort qu’il aurait aimé lacérer de délectation.

« Je n’avais nulle part où aller. Blessé et tâché, les autres auraient assez de me respecter. Imparfait, je suis bon à être dévorer. »

Sa voix n’était ni larmoyante ni colérique. Il savait que ces émotions sonneraient fausses entre ses lèvres. Engel le connaissait assez, ce qui rendait le jeu du paraître encore plus difficile, et surtout réel. Il préféra ce sentiment étrange que ceux qui ne savent parler s’en déguisent. Ceux qui ne disent que rarement la vérité, ceux fatigués de paraître, empoussiérés sous leurs mensonges ; dans l’inhabitude de dire ce qu’il y avait à dire. Ses yeux rouges préférèrent observer la fenêtre encrassée, comme s’il fuyait le regard d’Engel. Il essayait de se tenir droit, calme, comme à son habitude, malgré son côté inhabituellement dépareillé. Le Jabberwocky ne semblait pas à l’aise, le Jabberwocky semblait moins proche de son image travaillée, tout en la cherchant dans le même temps.

En attendant, il savait Engel dans la connaissance de la loi du plus fort. Les Blackguns qui le respectaient, lui, l’épouvantail, n’auraient plus cet effroi pour l’homme qui ne saignait pas. S'il revenait couvert de sang au QG, ce n'était jamais le sien.

Ses yeux revinrent sur Engel, ils glissèrent sur ce masque de loup sur la table. Il voulait l’embrasser, avec folie. C’était justement ce rien qu’il voulait, ces miettes, cette présence, ce rien qu’il savait tout. Les yeux horribles de l’homme de main se posèrent de nouveau sur les chaussures de son hôte.

« M’acharner est ma qualité, tu le sais. » Il laissa passer un silence, pour saupoudrer d’hésitation son discours. « Aussi monstrueux peut être mon portrait, aussi ignobles peuvent être mes actions et traits, il m’arrive – parfois – de m’attacher à des êtres aux certains attraits. »

Quel mensonge, de la part de ce vilain garçon. Car pour toi, Engel, le parfois n’existait pas. Sa voix se voulait parfaitement morne, elle semblait dotée d’un zeste d’imperfection.

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Engel W. Amos
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MessageSujet: Re: Beware The Unexpected Guest || PV Engel Mar 18 Juil - 15:51

Il l’avait presque oubliée, cette façon de parler, à la fois chantante et menaçante. Recueil de douceur dissimulant par trop souvent mensonges et serpents. Charme trompeur du dangereux saurien. Le Loup n’en avait eu que trop l’habitude pendant des années et voilà qu’il se prenait à s’en fasciner à nouveau. Comment un être pouvait-il être aussi contradictoire, à la fois délicat et effrayant ? Engel savait qu’il ne pouvait se fier à cet homme qui susurrait du même ton promesse de vie et présage de mort ; pourtant, il ne pouvait s’empêcher de chercher à le comprendre, tout comme il voulait lever le voile chez ceux qui déguisent leur nature. Alors, hésitant entre survie et vérité, il avait opté pour une méfiance curieuse.

Les épaules de l’homme se relâchèrent imperceptiblement alors qu’il retenait un second soupir. Il comprenait. Il comprenait pourquoi Camille cherchait refuge chez lui et non auprès des siens. Déjà par le passé, il lui était arrivé de se dire que les Blackguns n’avaient de groupe que le nom. Là-bas régnait la loi du plus fort, comme partout ailleurs dans les bas-fonds, à la différence que la concurrence y était plus forte. Il fallait sans cesse prouver sa valeur et les plus faibles perdaient rapidement tout intérêt. Et l’homme assis derrière lui devait conserver l’aura malsaine dans laquelle il paradait depuis le début.

Un simple hochement de tête témoigna de l’écoute d’Engel, incitant son hôte à poursuivre sans même savoir si ce dernier avait vu ce signe. Lentement, il commença à vider le contenu de son sac sur la table, étalant des provisions pour quelques jours les unes à côté des autres. En le voyant faire, l’animal caché sous le lit vint se frotter contre les jambes de son hôte afin de réclamer une pitance. Cependant, ce dernier ne manifestant pas de signe d’intérêt à son égard, le félin finit par sortir de la maison par un endroit connu de lui seul, probablement en quête de nourriture.

Le Loup, lui, n’avait d’attention que pour l’autre homme dans la pièce, c’était à peine s’il avait senti un petit corps chaud se coller à lui et repartir. En entendant les dernières paroles, ses mains avaient cessé toute activité. Les mâchoires serrées, il tentait de dénouer les nœuds sournois de son discours. Mais il savait le regard que portaient les autres sur le simulacre de saurien et il ne pouvait que trop bien imaginer l’image qu’ils renvoyaient au tatoué.

Camille cherchait un refuge. Il ne parvenait pas à le lui refuser… Malgré tout ce qu’il savait déjà sur lui, Wolgang refusait de croire que son physique était devenu le miroir de son âme. Il le savait torturé, et c’était pour cette raison qu’il ne pouvait le rejeter. Pas cette fois. Sans savoir si sa décision apporterait plus de ravage que de douceur, il se retourna pour faire face à son hôte, plongeant dans le rouge de son regard. Cette fois, l’air parvint à s’échapper de ses lèvres dans un souffle discret. Un geste machinal mena sa main dans ses cheveux pour ramener une mèche folle en arrière, pour un temps. Même s’il avait fait son choix, il ne savait pas comment s’y prendre…

Ils se connaissaient depuis des années, sans vraiment se connaitre pour autant. Il se souvenait très bien de la première fois. Il ne saurait plus dire comment le combat s’était déroulé mais il se souviendrait toujours de cette folie dans son regard. Jamais il ne s’était sentit à la fois haï et adoré que depuis qu’il avait fait couler son sang. Tout avait commencé dans le rouge… Ce fluide vital semblait les relier car, souvent, ils s’en étaient trouvés recouverts, que ce soit le leur ou celui d’autres. Engel avait l’impression de jouer à un jeu destructeur, aussi ensorcelant qu’une danse endiablée.

« La question est de savoir : à quoi t’acharnes-tu ? »

Il avait parlé sans vraiment le vouloir, exprimant à voix haute une pensée trop brouillonne. Il avait besoin de faire le clair dans des idées qui imaginaient tout et son contraire.

« Bon. J’ai bien compris que tu ne veux pas y retourner en étant blessé. Mais… Supposons que j’accepte de t’héberger le temps que tu cicatrises. Et après ? On sait très bien tous les deux que ce n’est ni la première, ni la dernière fois que tu saignes… Qu’en sera-t-il des prochaines fois ? Qu’est-ce qui te fait croire que je serai encore là pour t’aider ? »

Il se rapprocha de lui, l’obligeant à lever la tête s’il voulait le regarder en face, espérant ainsi mieux voir ce qui se tramait dans son regard. Il ne comprenait pas quels étaient ces attraits dont Camille parlait…
Il n’allait pas le mettre à la porte, non, mais cela ne servait à rien de l’aider juste une fois s’ils ne trouvaient pas de solution pour la suite.

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Camille J. Blossom
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MessageSujet: Re: Beware The Unexpected Guest || PV Engel Ven 21 Juil - 14:57

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「 Beware The Unexpected Guest」
Du coin de l’œil, dans la satisfaction d’un jeu finement mené et apprécié, il voyait les épaules de son hôte se décontracter. C’était imperceptible, mais ses yeux avaient le don de diagnostiquer chacune de ses actions. Il les examinait, les pourléchait de ses pupilles dilatées par l’obsession.

L’homme de main n’eut aucun intérêt pour le chat déguerpissant après une vaine tentative d’obtenir pitance. Il remarquait bien, pourtant, qu’Engel ne lui donnait d’attention. Camille l’avait volé, entièrement ; le loup fixait le moindre de ses gestes, et examinait les contours de ses paroles. Il se méfiait. Et les barrières d’Engel étaient si difficiles à dépasser. L’épouvantail ne bougeait pas, il n’avait le droit à l’erreur, il n’en ferait pas.

La paume de son interlocuteur passa dans ses cheveux noirs. Ils laissaient voir les contours de son crâne, dessinaient ce mouvement capillaire au fusain. Il voulait les tirer, fermement, dévoiler sa gorge à ses crocs, et son regard hypnotisant au sien saignant. Ses paupières se turent, comme s’il évitait ce regard, autant que cette question.

Pourquoi s’acharner ? Pourquoi chaque humain, chaque victime, chaque bourreau semblait s’accrocher avec véhémence à ce besoin de savoir ? Camille se connaissait, et il savait cet acharnement aussi logique qu’infiniment incompréhensible. Il le ressentait, aussi vif que certains ressentent l’amour et la joie. Il le voulait avec disgrâce. Chien bavant sur les cellules putrides, cancer recherchant la moelle appétissante. Il s’acharnait pour le fait de s’acharner, car le Jabberwocky ne connaissait que ce sentiment, pour se sentir vivant.

La question ne semblait pas demander de réponse, alors le menteur garda le silence. C’était mieux ainsi ; il était bon menteur, mais cette question nécessitait une réponse à la vérité terriblement modifiée. Car il ne savait mentir sur ce soupir.

La supposition murmurée par le loup fit ronronner intérieurement le dragon. Il savait le jeu déjà gagné, pour cette nuit. Il savait Engel trop bon pour laisser un chien blessé dehors, ou un chat affamé sans toit… C’était le point d’ouverture de sa forteresse mentale ; étroit, peu connu, caché. Un secret bien gardé, qu’il caresserait comme s’il allait se briser.

Son visage imparfait devait se lever désormais, pour fixer cet épris faciès. Ses mâchoires se serrèrent, tel un individu ne supportant pas être pris de haut, ayant que trop eu l’expérience de regarder d’en bas. Il était un masque cherchant à cacher ce malaise dans un contrôle terrible de son existence. Et pourtant, il ne se levait pas. Ses yeux se coloraient d’une cendre encore chaude de la rage d’un passé à devoir courber l’échine, découvrir sa gorge, son visage au bourreau. Il les baissa ensuite, comme pour cacher cette erreur qui n’en était pas une. Ses ongles raclèrent le cuir usé du fauteuil. Imperceptible mouvement.

« Lorsque tu es arrivé à l’usine, j’ai compris l’importance de ton millésime. Parmi tous ces êtres capables des pis maux, je savais que tu ne me planterais de poignard dans le dos. L’Underground et ses lois t’ont affecté différemment, tu es loup sauvage et méfiant… Mais d’esprit vrai et franc. »

Camille passa une main dans ses cheveux gominés, un soupir à moitié retenu, quitta ses lèvres minces et tâchées. Il continua, tout en se levant pour lui faire face. Car il y avait une part de vérité dans ce rôle : cette façon de le regarder de haut, l’excitait à l’en rager.

« Crois-le ou non, mais je suis ce qui se rapproche d’un ami, dans sa vague notion. Tu es le seul que je sais vrai à mes yeux vermillions. »

Celui qui ne lui mentirait pas, qui ne jouerait de tours, Camille exposait un côté prudent et observateur, sans pour autant donner ses preuves. D’un pas lent, feintant avec perfection les muscles noués par la fatigue et l’âge sous un besoin de ne laisser trop sa garde tombée, il se rapprocha du masque sur la table. Face à face, si près, il aurait léché ses lèvres du bout de sa langue. Ses longs doigts effleurèrent le masque, qu’il avait déjà vu bien avant.

« Quant à la question des autres fois, peut-être qu’il n’y en aura pas. Je pars en mission, dont l’une des issues serait ma disparition. »

La tristesse ne transparaissait toujours pas. L’épouvantail semblait plus fasciner par le masque que son propre sort. Pourquoi exposait-il cette pensée si bien gardée et si importante dans son cerveau ? Car il fallait faire des concessions, pour obtenir la confiance d’un loup, et son pelage chatoyant. Ô, il l’aurait, il l’aurait tout entier, quitte à s'en aveugler.

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Engel W. Amos
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MessageSujet: Re: Beware The Unexpected Guest || PV Engel Mar 25 Juil - 16:20

La réponse attendue mit quelques temps à venir, comme si les mots prenaient le temps de se former en un redoutable éloge, laissant le temps à chacun d’étudier son interlocuteur pour décrypter ses réactions. L’échiquier était en place, il fallait réussir à se frayer un chemin entre les pions, mais là où l’adversaire voulait renverser le roi, lui ne cherchait qu’à s’échapper le plus longtemps possible. Malheureusement, il y aurait forcément une fin à cette course et il redoutait d’en connaître l’aboutissement. Et il était loin d’être celui des deux ayant le plus de coups d’avance…

Le jeu se mit en mouvement ; Camille se leva, Engel recula. Un pas, un pas unique presque anodin qui fut pourtant une grossière erreur. Mais de cela, il ne s’en rendrait compte que trop tard. Sentir le souffle vénéneux de son hôte contre sa peau n’aurait peut-être pas été si alarmant s’il avait connu la nature de son poison. Le rapport de force venait de s’inverser, pour quelques instants du moins, forçant le loup à un geste auquel il n’était pas habitué. Il s’était rarement trouvé aussi près du Blackgun et, même s’il le savait grand, il se trouvait gêné à être ainsi surplombé par ce regard de sang. Alors il avait obéit à son instinct – peut-être un mauvais choix – celui de s’éloigner. Mais alors qu’il allait se reprendre pour tenter d’effacer cette marque de faiblesse, l’homme de main l’en empêcha par sa simple parole.

La surprise d’entendre un tel aveu transparu sur ses traits alors qu’il le regardait s’avancer jusqu’à la table. Il n’avait pas pensé que Camille puisse le considérer ainsi ; ou plutôt, il n’avait pas pensé qu’il puisse considérer quiconque de cette manière. Quant à ce qu’il pensait lui-même de cet étrange humain, il ne s’était jamais réellement posé la question, se contentant d’une méfiance cordiale, bien que sa curiosité soit toujours attisée par sa façon d’être. Et voilà que celui qu’il prenait pour un être froid et trompeur se révélait être aussi capable d’affection, d’un attachement honnête s’il n’était totalement sain. Et, sachant cela, le Loup sentit l’empathie qu’il avait à son égard se transformer en une sorte d’affinité sympathique pour celui que tout le monde observait de loin sans oser s’approcher, sans oser chercher à le comprendre.

Engel était sur le point d’ouvrir la bouche pour articuler un "je…" incertain, ne sachant même que dire après cette confession, mais il fut coupé avant d’avoir pu émettre un son. Et le désarroi fut immédiatement remplacé par une colère froide. Alors quoi, il s’introduisait chez lui pour lui annoncer ça ? Pour briser ce lien qu’il venait de créer en mettant un mot dessus ? Pour détruire l’espoir qui venait de naître ?

Peu à peu, il sentait la détresse l’envahir, échaudant cette colère sourde qui pulsait dans sa poitrine. Il devinait le cauchemar qui se profilait à nouveau et il refusait de le laisser se produire à nouveau. Sans que cette situation ait rien de comparable avec la précédente – car jamais leur relation ne pourrait être de la même nature que celle qui l’avait fait tant souffrir – on voulait de nouveau lui enlever quelqu’un. C’était certes un être problématique, à l’amitié hasardeuse mais, malgré tout, cette connexion incertaine qui les reliait depuis des années ne pouvait être contestée.

Dans un élan émotif, Engel attrapa le bras de l’homme qui lui tournait le dos pour l’inciter à lui faire face et braquer ses yeux d’ambre dans les siens en espérant le provoquer suffisamment pour le forcer à réagir.

« Rien ne t’y obliges ! »
Ne le fais pas…
« Je sais comment ça marche, ils te mettent à l’épreuve. »
Ils m’ont fait la même chose…
« Mais tu peux dire non, tu le sais. Et eux savent qu’ils ont intérêt à te garder. »
Bien que je n’approuve pas, tu es doué dans ce que tu fais…

Même s’il ne le voulait pas, son regard reflétait avec clarté le fond de sa pensée, comme trop souvent à son goût. Lorsqu’il se rendit compte qu’il serait son bras avec force, Engel relâcha sa prise et détourna finalement le regard, regrettant presque son élan d’indignation. Ce n’était pas à lui de décider pour un autre, mais il ne pouvait pas s’empêcher de vouloir le protéger d’un funeste destin.

« Je sais bien que je n’ai plus mon mot à dire dans leurs affaires mais… Tu n’as plus rien à leur prouver, tu as déjà fait tes preuves plus d’une fois… »

Il aurait voulu lui dire de tout lâcher, de laisser tomber les Blackguns, mais Camille n’était pas comme lui, il avait besoin de ces missions, de cette violence, il ne pouvait pas se contenter d’une arène pour exutoire.
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Camille J. Blossom
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MessageSujet: Re: Beware The Unexpected Guest || PV Engel Lun 31 Juil - 7:39

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「 Beware The Unexpected Guest」
Ce n’était pas le pas, qui annonçait la bataille gagnée, mais bien le geste. Sa propre main arrêta de caresser le museau blanc du masque, tandis que celle d’Engel, si émotive et incapable de se stopper, se posait sur son bras d’épouvantail. Le visage fin et tâché du Jabberwocky se retourna, dans cette surprise à moitié feinte, et ce regard vulcain. Personne n’osait le toucher. Absolument personne.

Son visage se pencha sur le côté, tandis qu’il cherchait à comprendre sans le cacher, cette émotion qui habitait l’homme. Il ne fit rien pour se dégager ; le refus du corps aurait certainement endurci les barrières du loup. Et ô, qu’il adorait ce contact, cette perdition, cette humanité empathique ronronnant chez l’animal. Il pouvait sentir sa poigne, son pouls légèrement plus accéléré, et le tremblement du passé grouillant dans ses doigts… Il avait peur d’un cauchemar sans fin. Camille en éprouvait une satisfaction jouissive. Engel ressentait, pour lui.

La ressemblance entre la récente et poignante perte qu’avait éprouvée Engel, et celle d’aujourd’hui ne pouvait être ignorée. Engel était toujours affecté, et si cette douleur avait repoussé Camille avant cela, il s’en servirait pour son compte désormais. Il sentait, dans ce cœur aux écailles froides, la complaisance du moment, et la surprise du geste. Engel avait-il donc, bien avant cette conversation, un quelconque attachement pour la chose qu’il était ? Engel ne ressentait-il donc pas, le dégoût et l’effroi de le voir, de le toucher ? Les humains réagissaient tous de la même manière, il l’avait vu plus tôt. Même les hybrides, comme Mao-You, n’aimaient le contact de sa peau. C’était un fait, il ne s’en attristait pas. Et pourtant, Engel osait le toucher, sans effroi de sa réaction, sans penser un seul instant que ce geste pourrait le contaminer d’un puant poison.

Finalement, il le lâcha. Et son regard se détourna du sien. L’ambre laissa le rubis seul, éteint. Camille comprit que ce geste avait été aussi spontané que les fois où il lui avait claqué la porte au nez. Il garda le silence. Mais il pensait fort : la situation était différente, car il n’était pas un faible agneau… Et surtout, il n’allait guère se tuer lui-même. Que ressentirait Engel en sachant que les beaux yeux de son défunt protégé, étaient précieusement confinés dans sa salle de trophées ? Certainement qu’il voudrait le tuer. Camille en frissonnerait de plaisir.

« Engel… » Son nom était pourléché et effleuré d’un charme saurien. « Tu es le seul à savoir. »

La vérité était prononcée, aussi calme que parlante. Les Blackguns n’avaient aucune idée de ce que s’apprêtait à faire Camille. Il marchait seul, vers un destin qu’il avait choisit de suivre, et qu’il façonnerait selon son désir. Par cette simple déclaration, Camille semblait dévoiler une confiance envers le loup. Il était le seul à le savoir, sans accord, sans secret visible, que ce qu’allait faire Camille se faisait dans le dos des Blackguns eux-mêmes. Le rubis de ses yeux ne tremblait pas, et il semblait pourtant attendre avec la méfiance de ceux qui font rarement confiance, une réponse effrayante.

« Tu n’as peut-être pas ton mot à dire dans leurs affaires, mais tu as à prononcer dans celles que je sers. » avoua-t-il avec cette voix creuse qu’avaient les personnes qui avouaient leurs inhabitudes.

Il se rapprochait, il serpentait, indubitablement plus proche.

Son corps se pencha sur le côté, comme pour obtenir l’attention de cet homme qui détournait le regard. Etait-ce par désir de contrôle de soi, ou bien par dégoût ?

« Engel… » Il reprononça ce nom avec cette même intonation, tel un dessert appétissant. « Regarde-moi. »

Ce n’était pas un ordre. C’était une demande, sans rythme, sans vers. Une pauvre prose sifflante qui espérait. Ses mains étaient jointes devant lui, sa voix grave ronronnant encore dans sa gorge. Il attendait ses yeux, pour en dire plus, il attendait cet accord tacite. Comme s’il lui donnait le choix d’écouter, comme s’il lui demandait cette oreille. Il se paraît de la décision de milles actions, cachant le pari secret de le vouloir s’ouvrir à lui, malgré tout.

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Engel W. Amos
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MessageSujet: Re: Beware The Unexpected Guest || PV Engel Jeu 17 Aoû - 14:49

Les yeux fixés sur une ombre au sol, Engel sentit les poils de ses bras se dresser en entendant son hôte prononcer son nom. Il avait conscience de la valeur de la confidence qui lui était faite, mais pourquoi lui dire tout cela maintenant ? A moins que… et s’il avait voulu lui en parler avant et s’était retrouvé face à une porte close ? En songeant à cela, il ne pouvait que se reprocher d’avoir ainsi rejeté un homme qui cherchait simplement sa confiance mais, d’un autre côté, il aurait eu cette réaction avec n’importe quelle personne lui ayant rappelé son passé à cette période de sa vie.

L’incompréhension voilait le regard du loup lorsqu’il releva la tête pour répondre à la demande. Que voulait-il dire en lui affirmant qu’il avait son mot à dire ? Que projetait-il de faire de si fou qui nécessitait ce secret ? Engel fronça les sourcils sans même s’en rendre compte mais, cette fois, il garda son regard encré dans celui du Blackgun. Il ne s’habituerait probablement jamais complètement à ces orbes de sang, mais ce n’était pas cette particularité physique, ni même les autres, qui l’empêcherait d’essayer de le comprendre et de le retenir de plonger trop loin dans la folie.

« Explique-toi. »

Le ton était sec et pressant, le loup s’en rendit compte et essaya d’adoucir sa réponse. Après tout s’il voulait aider Camille, il valait mieux ne pas le brusquer, sûrement.

« Si j’ai mon mot à dire sur ton affaire, c’est qu’elle doit me concerner de près ou de loin, non ? »

Car autrement, même sous prétexte d’une amitié bancale, il ne voyait pas pourquoi il aurait droit de l’empêcher de faire ce qu’il projetait. En tout cas, il préférait ne pas envisager cette possibilité dont il ignorait la motivation.

Afin de l’inviter à se confier un peu plus encore, Engel se déplaça pour tirer les deux seules chaises qui entouraient la table et inviter Camille à s’asseoir avec lui. Il avait besoin que les choses soient posées à plat pour vraiment comprendre ce qui était en train de se passer et, bizarrement, il avait l’impression que le simple fait de s’installer et prendre le temps de discuter l’aiderait à faire la lumière sur cette histoire.
Les prémices de la destruction.
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MessageSujet: Re: Beware The Unexpected Guest || PV Engel

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Beware The Unexpected Guest || PV Engel

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